LE LIEN ENTRE DOMINATION ET ALIMENTATION (ou pourquoi ce que vous mangez influence vos relations sociales et inversement)
Dans la vie, j’aime faire des liens.
Et il y en a un que j’affectionne particulièrement ces derniers temps : celui entre ce que vous mangez et votre comportement. Deux choses qui n’ont a priori pas vraiment de points communs. Eventuellement, vous savez déjà que le stress peut vous faire réagir parfois violemment, et que l’alimentation peut augmenter ou diminuer ce dernier. Mais voilà, en gros, ça s’arrête là, et d’ailleurs, pourquoi et comment l’alimentation moderne a vraiment un impact sur votre système nerveux moderne, c’est encore un sujet évolutif.
Le système inhibiteur de l’action
Il existe au sein de votre système nerveux un circuit appelé SIA, pour Système Inhibiteur de l’Action. Il a été découvert pour la 1ère fois au début des années 70 par le médecin et neurobiologiste Henri Laborit. Lorsque vous êtes contraint.e de vous soumettre à un agent stressant, le rôle du SIA est de vous permettre de vous adapter.
Ce circuit est régulé par le système septo-hippocampal, l’amygdale et le noyau de la base qui libèrent de la sérotonine et du cortisol (respectivement les hormones du « bonheur » et du stress).
Il existe deux voix majeures dans le cerveau qui permettent l’activation des comportements : le circuit de la récompense et le circuit de la punition. La récompense par le cycle « désir – action – satisfaction », et la punition par la réponse de fuite ou de lutte réussie. Ces deux circuits amènent tous deux l’organisme à maintenir son homéostasie par l’action et forment ce que l’on appelle le système activateur de l’action (SAA). C’est à ce SAA que s’oppose le SIA. L’activation du SIA survient devant le constat de l’inefficacité de notre action, lorsque fuir ou lutter est impossible. La soumission devient donc la dernière alternative.
Le corps humain est très bien adapté à la gestion d’un stress court, lorsqu’il faut donc fuir ou lutter. Mais à l’échelle de son histoire, il n’a jamais été confronté à un stress aussi long qu’un job 9-5 dans un bureau avec des directives souvent inatteignables (par exemple). Dans ce cas-là, on se soumet au stress ; mais même en choisissant psychologiquement de s’y soumettre, le SIA continue d’activer le système nerveux et de libérer des hormones – au cas où, à un moment donné, on pourrait (enfin) fuir.
Lorsque l’inhibition se prolonge des semaines ou des mois, le circuit du SIA se désensibilise progressivement. Cela provoque l’augmentation de la production et de la sécrétion de cortisol dans l’organisme, avec des conséquences pathologiques sur la santé physique et psychique. À moyen terme, cet excès de cortisol provoque un état de stress durable dont les symptômes physiques sont multiples (fatigue, hypertension, anxiété…). À long terme, cela crée une désadaptation générale de l’organisme car l’homéostasie est perturbée en permanence. Cela impacte les mitochondries (cœur énergétique de la cellule) et la méthylation (processus de base de production d’énergie par les cellules).
Ce dérèglement peut être responsable de l’apparition de maladies psychosomatiques et de pathologies physiques et psychiques graves (dépression, Alzheimer, ulcères, diabète, cancer…), notamment en étant lié à une diminution de l’efficacité du système immunitaire. Par ailleurs, l’inhibition de l’action entraîne également la libération de noramidopyrine, ce qui diminue le calibre des vaisseaux sanguins.
Le SIA nous a été utile en fonctionnant sporadiquement en tant qu’espèce, pour empêcher toute action inutile qui ne pourrait qu’empirer une situation donnée. Mais dans le système socio-économique actuel, de nombreuses personnes activent de façon chronique ce circuit pour répondre aux attentes qu’on leur impose. Ce n’est donc plus une simple parenthèse adaptative.
Emotions, lucidité et capitalisme
L’une des conséquences les plus impressionnantes de l’activation en continu du SIA est certainement l’impact sur la lucidité intellectuelle et sur l’arborescence de la pensée. La pensée est littéralement rétrécie. Nous réfléchissons moins. Outre le fait logique de se dire que cela amoindri notre « bien-être » personnel, il n’y a qu’un pas pour comprendre que cela peut également se répercuter sur nos comportements en société.
Par ailleurs, en réprimant toujours davantage la colère (justifiée et vitale) des personnes « piégées » par ce système 24h/24, on alimente le cercle vicieux avec des émotions non-exprimées. La colère est généralement un sentiment réprouvé moralement et par la loi. Pourtant, si elle s’exprime de manière équilibrée, elle peut être salvatrice : les émotions qui ne sont pas évacuées sont également sources de stress (voire de comportements brutaux). Il est en de même pour des sentiments « acceptables » moralement (la honte ou la culpabilité).
Ce qui m’intéresse, moi, c’est de faire le lien (encore !) entre votre hygiène de vie et votre environnement. Nous sommes tous.tes dépendant.e.s de notre environnement (tout le travail de l’épigénétique), et pas que d’un point de vue écologique (pollution, perturbateurs endocriniens et cie). Nous sommes en réalité aussi dépendant.e.s de notre système économique et social, qui a évidemment un impact sur notre santé. D’autant plus si votre place dans la société est plus ou moins sujette à une oppression (sexisme, classisme, racisme, validisme, homophobie, etc.).
Dans un contexte difficile, le 1er sujet qui va être sacrifié, c’est souvent l’alimentation. Parce que c’est ce qui va vous apporter du réconfort le plus rapidement (en stimulant le fameux circuit de la récompense, en opposition à celui de la punition que vous activez malgré vous régulièrement). Et ce qui intéresse l’épigénétique, c’est précisément ça : comment et pourquoi les actions que vous allez choisir de faire au quotidien (peu dormir, « mal » manger) vont avoir un impact sur votre santé. Comment votre environnement extérieur interagit avec votre environnement intérieur, et quelles sont les conséquences.
Maintenant, on l’a vu, le contexte rend parfois très pénible l’action de vouloir soutenir, aider son organisme si l’on n’a pas d’impératif à ce sujet (comme une allergie, maladie chronique ou auto-immune, et autres problèmes de santé « urgents »). La vitesse induite par le type de société capitaliste et technologique (les deux se nourrissants l’un l’autre) ne nous permet pas, notamment ici en Occident et parmi les populations les plus privilégiées de la planète, de nous rendre compte des catastrophes à l’œuvre. Mais les mécanismes humains du stress ne semblent pas adaptés aux situations chroniques que nous subissons dans nos sociétés modernes, et en particulier celles qu’engendre la complexité des rapports sociaux dans de telles sociétés. C’est une articulation intéressante entre la biologie et les sciences humaines (comment fonctionne le corps x comment l’environnement socio-économique l’influence).
Au final, on ne s’EXPRIME plus de la même manière, le circuit du SIA étant insensibilisé. Il m’est arrivé de voir en consultation, des personnes sortir de ce processus et changer radicalement de vie, presque du jour au lendemain, particulièrement quand leur quotidien était source de souffrance (déménagement, ruptures, nouvelle orientation pro, désintérêt matériel etc.). Quand je dis du jour au lendemain, c’est uniquement une fois que les circuits sont « reconnectés » : il y a systématiquement un long travail de plusieurs mois voire plusieurs années derrière, avec des hauts et des bas. Mais ces réactions m’ont toujours profondément impressionnée : certain.e.s appellent cela « trouver sa place », comme par magie, ou grâce à une quelconque intervention divine ; j’y vois davantage une reconnexion physiologique avec l’envie et la possibilité, à son échelle, de lutter.
Je répète souvent que le premier poste de dépense d’énergie disponible par le corps, c’est la digestion (70% lorsque vous venez de manger un repas plus ou moins conséquent). Mais en réalité, le vrai poste en tête de la répartition, c’est la sphère corticale (vos pensées). Avez-vous déjà expérimenté le fait de tomber malade, souvent un simple rhume, pile à chaque fois que vous prenez des vacances ? Vous n’avez pas à réfléchir autant, alors l’énergie est envoyée ailleurs. L’organisme a la possibilité d’évacuer ce qui n’a pas été évacué. Comment guérir si l’on réfléchit trop ? Et surtout à des choses impossibles ou inatteignables, comme le prône ce bon vieux mode de fonctionnement capitaliste.
Là se situe d’ailleurs la limite de ma pratique : la sphère psychologique. Mais j’encourage systématiquement mes consultant.e.s à parler, partager leurs expériences quand c’est possible, trouver des moyens de « faire sortir » et s’accorder du temps pour cela. L’hygiène de vie psycho-émotionnelle est tout aussi importante que l’hygiène de vie alimentaire.
Qu’on se le dise très clairement : il est parfois impossible de changer d’environnement notamment professionnel, car le rouage est bien fait et il faut payer des factures. Ce n’est pas parce qu’un circuit neurologique se réactive que toutes les solutions s’offrent à vous. C’est bien une réflexion sur l’ensemble qu’il faut entreprendre, et l’espoir me vient quand je vois de jeunes étudiant.e.s refuser d’accepter des postes vides de sens pour des multinationales. Mais ce que je veux dire par là, c’est qu’a minima on ne reste plus dans cette sorte d’apathie, d’acceptation de tout, qui est la pire ennemie de l’action (et donc de la résistance, puisse-t-elle être joyeuse, et donc de l’adaptation, c’est-à-dire l’une des capacités humaines les plus fondamentales en tant qu’espèce).
Une expérience du travail
Cet été, j’ai passé presque 3 semaines à travailler pour quelqu’un d’autre (un patron). Chose que je n’avais pas faite depuis 6 ans. Ce n’était pas vraiment du travail pour moi, disons que j’ai voulu faire un « vis ma vie » d’une amie qui travaillait dans cette entreprise que je connaissais. J’appréciais (relativement) les gens qui y travaillaient également, et ça me changeait les idées. Je ferme toujours mes consultations une bonne partie du mois d’août, des circonstances personnelles ont fait que je ne suis finalement pas partie en vacances, et je me suis dit que ça pouvait être drôle. Je crois que je voyais ça à travers mon prisme d’ancienne apprentie-chercheuse en anthropologie qui part observer une ethnie étrangère de l’intérieur (lol). Bref : j’y allais vraiment détente et sans aucune notion de responsabilité.
J’avais évidemment entendu parler des conditions de travail mais on ne se rend jamais vraiment compte des choses avant de les vivre, je crois. Pour affiner le contexte, je précise seulement que le dirigeant de cette entreprise brasse des millions : on n’est clairement pas sur une ambiance TPE qui tente de s’en sortir. Je connais la réalité patronale parfois difficile pour les dirigean.t.e.s de petites structures, mais là, je vous parle d’une élite aristocratique détenant une large partie du patrimoine territorial alentour. Il me semble quand même important de le préciser.
Les salarié.e.s de cette entreprise (si l’on peut les appeler salariés, étant donné que certain.e.s ont des contrats à la journée depuis 12 ans soit sans congés payés et dont la venue au travail dépend toujours de l’évolution de l’activité en question) peuvent travailler jusqu’à 90h/semaine, avec du matériel passé d’époque (quand il y en a), dans une hygiène très (très) relative, et des locaux équivalents. Bien entendu, on n’est pas sur une usine textile de fast-fashion qui emploie des mineurs au fin fond de l’Inde, mais je trouve assez problématique la rhétorique du « il y a pire ailleurs » pour éviter de dénoncer ce qui peut se passer ici. Bien sûr qu’il y a pire ailleurs, qu’il est toujours intéressant de regarder autour avant de se plaindre de son propre sort ; mais selon la bouche par laquelle est prononcée cette phrase, cela peut aussi faire partie des techniques de domination.
Parce que c’est ce qui m’a le plus marqué lors de ce séjour : TOUT est dédramatisé. La colère est identifiée comme une émotion incompréhensible et injustifiable. La souffrance et la difficulté sont valorisées. Certaines personnes travaillent 27h d’affilée = on leur trouve un surnom rigolo (véridique). Par une mécanique bien huilée, on leur fait croire qu’iels ont toute la responsabilité du monde sur leurs épaules (avec un contrat à la journée !), que finalement c’est « fun » ou « challenge », qu’on se reposera quand on sera mort.e.s et surtout : qu’iels gagnent super bien leur vie. Ce qui est vrai. Mais en travaillant 90h/semaine. Le salaire, ramené à l’heure, est loin d’être mirobolant.
Certain.e.s ne voient pas grandir leurs enfants, d’autres ont déjà eu des accidents de la route à cause de l’épuisement, d’autres encore ont pris 30kg depuis qu’iels travaillent ici, mais tout le monde se marre. Et celleux qui ne vont pas jusqu’à en rire (jaune), n’ont de toute façon ni le temps ni l’énergie de s’interroger sur le bien-fondé de la situation. Evidemment, tout ceci est insoupçonnable de l’extérieur : c’est une « maison/famille », on est dans le haut de gamme, c’est prestigieux, leur com’ sur Instagram est parfaite, léchée, ancrée dans les problématiques écologiques contemporaines… elle donne carrément envie.
Même avec toute la volonté du monde, je vois mal ces personnes rentrer chez elles et se demander quel est le dîner qui va être le plus équilibré. J’ai vécu 1/10ème de leur quotidien et en quelques jours j’avais déjà des envies de sucre et de nourriture réconfortante toute la journée pour « tenir ». Cerise sur le gâteau : il n’y jamais de « vrai » repas servi le midi (je ne vous précise pas le domaine d’activité de cette entreprise, par respect de l’anonymat, mais vous tomberiez par terre). C’est drôle : on disait justement que ne pas combler correctement ses besoins en nutriments pouvait alimenter le circuit du SIA (vous ne l’avez pas oublié celui-là ?). Est-ce que j’ose dire que ne pas fournir un repas correct à ces salarié.e.s permet d’entretenir leur soumission aux conditions de travail ? Je vous laisse deviner la réponse.
A un moment, je me suis dit : je vais me reconvertir et sillonner les routes de France pour créer des menus d’entreprise dignes de ce nom. Bon, en même temps ce n’est pas un constat étonnant : tout est sacrifié sur l’autel du profit et de la productivité (je ne sais pas combien d’ateliers en entreprises dois-je faire pour que l’on comprenne définitivement que plus les employé.e.s sont soutenu.e.s, dans tous les sens du terme, plus iels sont réellement efficaces*, mais soit).
*et surtout heureuxses, mais ça on s’en fout 🙃
Bref : l’adaptation physiologique glandulaire peut-elle se réaliser dans ces cas-là ? Ou en d’autres termes : sommes-nous fait.e.s pour vivre ainsi ?
D’ailleurs, et bien que ce ne soit pas comparable à cette expérience, j’ai moi aussi aimé la fast life fut un temps, surtout quand j’ai commencé à travailler pour moi. Car après tout “c’était pour moi et pour personne d’autre”, et parce qu’on nous vend en permanence la nécessité de faire quelque chose de sa vie, de se valoriser, d’être productif en somme pour ensuite pouvoir consommer tranquille. Sauf qu’en fait : c’est exactement le même process qui se perpétue.
A quoi sert l’alimentation ?
Après l’expérience de cet été, je me suis posé la question : comment l’alimentation peut-elle réellement nous aider ? Comment sert-elle de soutien (juste le temps de réformer tout le système économique) ?
→ il existe deux côtés à ma pratique : un côté “urgent” (des personnes viennent me voir car iels ont une maladie chronique ou métabolique dans laquelle l’alimentation joue un rôle principal, par ex une stéatose hépatique) et un côté “préventif” ou non-urgent, voire bien-être (même si en réalité je soutiens le fait que l’éducation alimentaire devrait être apprise à l’école, et que si on accordait davantage d’intérêt au préventif, il y aurait beaucoup moins d’urgent).
Les situations qui relèvent de l’urgence (ou de la pré-urgence – on ne parle pas non plus de greffe du foie) concernent aujourd’hui la majorité des consultant.e.s que je reçois. Des personnes en souffrance physique au quotidien et pour qui la nutrition fonctionnelle est souvent méliorative, toujours indispensable pour renverser le processus de la maladie ou du dysfonctionnement. Mais ce sont systématiquement des cas particuliers, et le protocole ne sera pas le même selon différents critères variant d’un.e individu.e à l’autre.
Néanmoins, je rencontre encore des personnes qui viennent me voir simplement parce qu’elles voudraient apprendre à mieux manger, ou améliorer leur hygiène de vie, ou pour des problématiques qui ne sont pas handicapantes au quotidien. Outre le fait qu’accorder du temps à cette question va probablement leur éviter de futures déconvenues en matière de santé, je me suis demandé en quoi la nutrition « non-urgente » pouvait réellement avoir un impact : c’est-à-dire en inhibant toujours davantage nos réactions, ou en les sublimant – soit en nous redonnant un minimum de pouvoir. Sur nous-mêmes, donc : sur nos actions collectives aussi.
On l’a vu, une carence micro-nutritionnelle peut ralentir le bon fonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, qui libère le cortisol et relie le système nerveux central et endocrinien. La 1ère étape est vraiment d’en prendre conscience. La 2nde est d’accepter de vouloir sortir du cercle, et que cela va demander un minimum d’investissement en temps. Evidemment, si vous avez la possibilité de changer d’environnement quand ce dernier est toxique, c’est l’idéal. Dans les cas où ce n’est pas possible, voici les 5 premières choses que vous pouvez commencer par mettre en place :
- analyse de vos apports micro-nutritionnels : déterminer, à l’aide d’un.e professionnel.le de santé formé.e à ces problématiques, votre taux de matières minérales au sein de votre organisme. Ce sont les briques de tous les pouvoirs de votre corps, notamment de l’adaptation. Pour cela, il existe différents tests fonctionnels. Et même sans test fonctionnel (investissement financier), une analyse de votre hygiène de vie et de votre alimentation peut déjà dresser un tableau utile de la situation. Un traitement vitaminique à haute dose peut également stimuler les circuits. D’ailleurs, certaines formes d’anxiété sont régulées par une supplémentation vitaminique et/ou minérale précise. Ne prenez jamais de hautes doses de vitamines sans être accompagné.e par un.e profesionnel.le de santé.
- manger, et notamment le matin. Et surtout si vous êtes une femme (cis). A ce sujet, je vous rappelle que vous avez statistiquement davantage de probabilité de ressentir du stress si vous êtes une femme. Si vous réduisez drastiquement vos calories, cela va créer davantage de stress oxydatif au sein de vos cellules. Si vous sautez le petit-déjeuner, votre taux de cortisol va augmenter. Le jeûne intermittent est terriblement à la mode, mais dans un cas de stress chronique, je vous le déconseille absolument. Souvent, je le déconseille d’ailleurs tout court aux femmes, dont le système hormonal est très sensible à cette pratique. Eventuellement, jeûnez le soir (et encore, cela reste à personnaliser). Aussi, certains aliments consommés le matin peuvent renforcer l’insensibilité de vos circuits nerveux, donc il ne s’agit pas de manger n’importe quoi tous les matins.
- stimuler votre système vasculaire et votre nerf vague. C’est toute la mécanique de l’hormèse, pour réhabituer votre corps à l’adaptation (exposition au chaud ou au froid, activité physique, respiration…)
- vérifier votre tolérance à l’histamine (qui fait office de neurotransmetteur)
- exprimer vos émotions. Peu importe par quel moyen ! On sous-estime très régulièrement l’importance de cette partie-là. Ecriture, activité physique, parler à une personne de confiance…
Evidemment, la nutrition ne vous sauvera pas du capitalisme. Nos conditions d’existence doivent être (re)mises en débat. Vous pouvez agir sur vos niveaux de cortisol, mais si l’élément déclencheur est systémique, vous ne règlerez pas la cause première. Cependant, elle peut éventuellement vous aider à atteindre un niveau d’énergie supérieur pour pouvoir ensuite agir afin de changer les choses à une échelle plus globale (mais toujours à l’échelle de vos moyens).
D’ailleurs, je pourrais ajouter ce point à la liste ci-dessus : si vous avez retrouvé la faculté de lutter/vous révolter contre une situation que vous trouvez injuste, faites-le ! Car c’est la réponse alternative à la soumission pour votre système nerveux ! Cela va donc littéralement freiner l’insensibilité des circuits. C’est pour cette raison que selon moi, apprendre comment fonctionne son métabolisme et vérifier régulièrement s’il a les bons « outils » à disposition relève davantage de la nécessité générale que d’une pratique secondaire de bien-être, à plus forte raison dans un monde qui s’abîme continuellement.
La dépression est une maladie nécessitant un suivi médical et psychologique. Nous ne parlons pas ici de dépression.
Cet article ne remplace pas un avis médical ou une consultation.
Des taux anormaux de cortisol peuvent évidemment être dus à une multitude d’autres facteurs, certains nécessitant une prise en charge médicale.
Privilégiez toujours le recours à un.e profesionnel.le de santé.
Quelques références :
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26048875/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23305116/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18626069/
